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Ecole spécialisée, Centre de réadaptation (CRA), Accueil extra-scolaire

Centre Nos Pilifs A.S.B.L. pour enfants autistes

L’ESPRIT PILIFS

Il y a 35 ans, 7 «petits-bouts» franchissaient le seuil d’une grande maison familiale. C’était une grande aventure que démarraient Nelly Filipson, Françoise, Nandy, Anne, Janine et les autres... Depuis, plus de 200 enfants ont partagé quelques années de leur vie avec l’équipe du Centre Nos Pilifs. L’équipe, quant à elle très stable, n’a pas souvent dit «au revoir» à un collègue et l’une ou l’autre stagiaire est venue rejoindre les rangs. Ils ont «l’esprit Pilifs».

 

Qu’est ce que c’est?

 

«L’esprit Pilifs» est très souvent cité dans nos conversations mais jamais défini. Nous allons tenter de le faire ici, entre complices. Le sourire, l’accueil, la disponibilité́, l’ouverture aux parents, travailler en collaboration avec la famille, comprendre la souffrance mais toujours aller de l’avant, voir l’enfant comme une personne et le mettre au centre de nos préoccupations. Voilà autant d’attitudes qui définissent «l’esprit Pilifs».

 

Des parents racontent

 

Nos enfants sont au centre. Mais au centre de quoi? Au centre de leur enfance, de leur jeunesse. Au centre d’une sacrée équipe et de toutes leurs attentions, au centre des préoccupations. Des problèmes aussi. Au centre du Centre.

 

Mais quel est ce centre pour nous parents? Un centre de ressources? D’études? Un centre multiculturel? Un peu de tout cela, sans doute. Le centre de nos vies, assurément. Car de cette maison bleue, discrète, sortent chaque jour nos enfants, mastiquant des bonbons acidulés avec un air de victoire. Nous les voyons remonter la pente avec des cartables remplis de cahiers rouges, et s’en délester à la première occasion. Il y a les jours piscine, les jours anniversaire, les jours cinéma, les jours minibus, les jours retard, les jours bricolage et les jours fleurs. Les bons et les mauvais jours, aussi. Et les grandes questions dont ce trottoir doit se gausser. Comment a-t-il été? Ça c’est bien passé? Il a été́ sage? Quand l’équipe répond d’un regard, d’un sourire, d’une parole dans l’entrebâillement de la porte, c’est bon signe. On sourit dans les chaumières. Quand trop de sacs plombent le cartable, ça commence à sentir mauvais. Quand c’est l’aparté́, ça craint carrément! La récupération connait donc des fortunes diverses. Pourtant le «venir chercher», le relais, est toujours une grande «migration familiale». Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Du passage rituel d’une «famille» à une autre, d’un foyer bleuté à la chaleur de la maison. Sous le couvert de rééducation, nos enfants sont choyés! Dans chaque thérapeute se love un être sensible, empathique, préoccupé́ par nos enfants. Regardez les membres de l’équipe: ils savent tout de nos enfants, de leurs secrets, de leurs mystères, de leurs différences. Ils les connaissent comme personne, à part nous. C’est rare et précieux. Il faut vivre l’accueil du matin, la petite phrase toujours juste sur la maladie de la veille, la nuit difficile ou le spectacle prévu du jour. Avez-vous remarqué ces décors caméléon, un jour musico-sono, un jour projo-ciné́. Ces attentes patientes jusque 9 heures. Y a pas à dire: la descente au garage bleuté est pavée de bonnes attentions. Entre l’accueil et la sortie? Nous n’en savons que peu. Il nous faut imaginer! La métamorphose animale peut nous y aider. Que font tous ces koalas, ces abeilles et autres girafes? Comment ces piverts s’envolent-ils? Dans quelles eaux tranquilles nagent ces pingouins? Imaginons ce que font ou ne font pas nos enfants. Ce qu’ils disent ou ne disent pas sur nous. Les défoulements au jardin, les soins du docteur, les récompenses ou remontrances dans le bureau d’en-haut. Imaginons encore les sorties improvisées, les spectacles programmés. Même que, chaque année, il en existe un, privé d’accès, réservé aux membres. Imaginons aussi la patience des réeducations individuelles, le regard sur les perles enfilées, le coup de pouce au mouvement espéré́, les épisodes salle de bain, la rotation des machines et des sacs en plastique. Imaginons encore les grands projets, des excursions aux classes vertes qui nous font tellement fantasmer. Quand veaux, vaches et cochons se fédèrent à la courageuse équipe pour le meilleur de nos enfants. Et, chaque fois, l’enfant est au centre, au centre de l’équipe, à l’épicentre même de ce foyer au doux nom retourné... NOS PILIFS.

 

L’équipe s’en mêle

 

35 ans pendant lesquels chaque enfant est incroyablement unique et dont chaque membre de l’équipe contribue à l’éveil à la manière «Nos Pilifs». Mais quelle est donc cette manière ou cette méthode?

 

C’est simple. Elle tient en sept merveilles:

 

• L’action: c’est apprendre en expérimentant. Car, chez les Pilifs, l’apprentissage se fait d’abord au travers des actes de la vie quotidienne. C’est en apprenant à maitriser les mille et une petites choses de la vie de tous les jours que les enfants développent leur capacité́ à vivre de façon plus autonome dans la société.

 

• Le petit groupe au sein duquel on apprend à vivre avec ses différences.

 

• La découverte: c’est donner à chaque enfant, si différent soit-il, la possibilité́ d’appréhender le monde qui l’entoure. A nous de l’amener à ces découvertes

 

• Les règles de vie: car vivre en société nécessite d’accepter des règles communes

 

• Le monde qui nous entoure: car le centre est aussi un point de départ pour partir à la découverte du monde. Que ce soit via les spectacles, les excursions, les séjours à la ferme...

 

• La relation: car aux «Pilifs», chacun, qu’il soit enfant ou intervenant, est amené́ à découvrir l’écoute et le respect de l’autre; le travail se fait alors dans une relation de confiance et de partage.

 

• L’équipe: car les «Pilifs» c’est d’abord une grande famille. Chacun y a sa place, son rôle, sa mission. Comme toutes les familles unies, elle a une longue histoire que l’on partage avec fidélité.

 

Unanimes! Nous sommes tous d’accord: l’enfant est au centre du Centre. Le respect de l’autre dans sa différence, l’écoute, la relation de confiance, l’accueil. C’est cet ensemble de valeurs et de façons d’agir que Madame Filipson a amené́, il y a 35 ans et qui au fil du temps est devenu «L’ESPRIT PILIFS».

 

Nandy Mahieu - Septembre 2006.

 

IMAGE DE SOI - ESTIME DE SOI

Permettre à l’enfant, à l’adolescent, à l’adulte porteur d’un handicap d’intégrer non seulement une image de soi positive mais surtout une estime de soi est un des thèmes soutenu par les différentes ASBL Nos Pilifs.

 

Dès leur plus jeune âge lors de leur arrivée au Centre Nos Pilifs, les enfants reçoivent des apprentissages appropriés au niveau des gestes, des attitudes sociales, de l’habillement, de l’attention portée au corps et ce par le sport et l’alimentation.

 

Cette volonté́ de donner à la personne handicapée une estime de soi au travers de l’image positive qu’elle se renvoie et qu’elle renvoie à la société se poursuit au Club de Loisirs, au Potelier, à la Ferme Nos Pilifs et au service d'accompagnement… C’est ainsi qu’un atelier de soins esthétiques est organisé au Potelier. Soins du visage, manucure sont autant d’expériences satisfaisantes et valorisantes.

 

Au Centre dès leur plus jeune âge, les enfants apprennent comment se vêtir à l’intérieur mais aussi comment s’habiller pour sortir dans les magasins, penser à se coiffer ou se débarbouiller avant de partir à 16h. Tout cela est fait dans le but d’augmenter la confiance et l’estime de soi.

 

Mais créer une belle image de soi... cela suffit-il?

 

Etre attentif à son image extérieure est un volet de l’estime de soi mais il n’est pas le plus important. Que suis-je si je suis proprement habillé, bien rasé, bien maquillée mais qu’au travers de tout cela je ne sais pas qui je suis, si je me déprécie ou encore si la qualité́ de ma relation à l’autre est pauvre? Aider les personnes porteuses d’un handicap qu’il soit enfant, adolescent ou adulte à découvrir ses valeurs, ses richesses, s’attarder plus sur son potentiel que sur ses manques, l’inviter à la création d’un “JE” est un travail de tous les jours.

 

Vers quel résultat?

 

Travailler l’image de soi ne semble qu’un moyen ou une méthode qui ne peut devenir une finalité́ et ne peut se substituer à l’épanouissement et au développement de l’estime de soi. Si une image positive développe l’estime de soi et le bien être psychologique, nous ne pouvons ignorer qu’à un moment de sa vie chaque être humain est confronté à sa condition humaine et aux contraintes existentielles.

 

De l’enfant à l’adulte, les personnes porteuses d’un handicap prennent conscience de leurs limites et des contraintes de la vie. Ne pas aller dans la même école, le même club de sport, la même usine sont des expériences blessantes, difficiles à vivre et qui peuvent altérer l’estime de soi. Nous pouvons aider la personne à considérer ses limites avec plus de sérénité et les incorporer dans son image d’elle-même comme personne intégrale.

 

L’importance de l’approche

 

Un extrait du livre “Une Vie à Vivre” souligne bien cette qualité́ d’approche:

 

“Les rejoindre, c’est oser les rencontrer avec leur handicap, sans les limiter à cette seule identité́. C’est aussi les inviter, les initier, les éduquer aux risques et aux déboires de la vie d’une personne porteuse d’un handicap. C’est leur donner l’espoir, le courage, la force nécessaire pour affronter la réalité en leur disant que nous sommes avec eux, cherchant le chemin. C’est reconnaître qu’une telle relation n’est jamais simple, qu’elle renvoie chacun à soi même, à la question de ses manques, qu’il s’agit finalement d’une démarche difficile pour l’UN et l’AUTRE où PARLER VRAI est sans cesse menacé par le désir d’oublier, d’effacer, de guérir, de faire comme si...”.

 

Si tel était le cas, le travail de l’image de soi dans nos démarches éducatives peut être un leurre s’il évite les vrais fondements de l’estime de soi.

 

Par contre inscrit dans un vrai rapport avec soi ou avec l’autre, notre travail sur l’image du corps devient épanouissement

 

Nandy Mahieu Septembre 2003

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